
La Commune de Paris 1871 - Liberté de la Presse - Education
By Amies et Amis de la Commune de Paris 1871


S2E9 - Les Ecoles Communales - Compter avant de réformer
S2E9 - Les Ecoles Communales - Compter avant de réformer
Jules Allix, élu maire du 8ème arrondissement de Paris le 26 mars 1871, s'était d'abord fait connaître pour ses excentricités : passionné de cosmologie, il éditait avant la Commune un journal d’astronomie éphémère, "Ma comète, lettre au savant" . Amateur de « sciences psychiques », il publie, en 1867 aussi, "Curation de l’aliénation mentale". Les caricatures de l'époque moquent sa théorie de la « boussole pasilalique ou escargots sympathiques », découverte selon laquelle les gastéropodes seraient capables de communication à distance par télépathie. La guerre de 1870 lui inspire d’autres inventions toutes aussi farfelues, le fusil à eau bouillante ou le port du « doigt prussique » qu’il conseille aux Parisiennes pour se protéger des Allemands.
Pourtant, dès avant la Commune, il se distingue par la persévérance de son engagement auprès des femmes. Ce qui en fait, selon les historiens, un féministe avant la lettre, aux côtés de Léo Frankel, Eugene Varlin ou Benoît Malon. Pas étonnant donc qu'un mois après son élection il désigne l'éducation, sujet habituellement qualifié de "féminin" comme priorité à être repensée. Imprégné de son approche "scientifique" assez personnelle, il se fonde sur la statistique pour établir son projet d'éducation nouvelle pour toutes et tous : scientifique, pratique, physique, culturelle, artistique.
Esprit un peu trop indépendant, il eut cependant maille à partir avec le Comité de Salut public.
Il ne renoncera jamais à ses engagements féministes. Lors du Congrès universel de la libre pensée, en 1889, le révolutionnaire septuagénaire lance encore : "La Femme est partie intégrante de l'Humanité elle-même. Si elle n'a pas de droits, quels sont ceux que l'Homme peut avoir ? Si la Femme n'a que des devoirs, où l'Homme a t-il pris le droit de les lui imposer ?"

S2E8 - L'atelier école pour les filles
S2E8 - L'atelier école pour les filles
Avec l’avènement de la Deuxième République en France, l’école s’est ouverte aux filles. Depuis 1850, la loi Falloux oblige les communes de plus de 800 habitants à entretenir une école de filles. Mais ces établissements sont le plus souvent confiés à des congrégations où les institutrices sont des femmes. Lorsqu'elle est élue au printemps 1871, la Commune s'emploie aussitôt à changer cet état de fait. En laïcisant l’éducation et en repensant le but des enseignements et la pédagogie.
Les institutrices laïques sont alors plus nombreuses et elles veulent contribuer à l’émancipation des filles. Comme Valérie Manière, « institutrice-directrice de l’Atelier-Ecole provisoire, 38 rue Turenne », qui dans le Vengeur du 3 avril 1871, le journal de Felix Pyat, communard au ton volontiers guerrier, propose une refonte pédagogique et émancipatrice, à destination des écolières : les préoccupations professionnelles se mêlent aux savoirs, le concret à l’intellectuel.

S2E7 - L'Education Professionnelle
S2E7 - L'Education Professionnelle
Lorsque la délégation à l'Enseignement de la Commune de Paris commence ses travaux sous la houlette d'Édouard. Vaillant, l'enseignement professionnel est absent des possibilités proposées aux enfants et à leurs parents. C'est donc l'une des orientations principales des nouveaux pédagogues d'où surgit lue concept d'’école-atelier, à la charnière de la production et l'instruction, fondée sur le travail et l’expérimentation, où professeurs et travailleurs devaient conjuguer leurs savoirs.
Avec pour modèle l’école polytechnique de Marx et de l’AIT (Association internationale des travailleurs) : rapprochement entre les organisations de travailleurs et l’école ; amélioration de la formation initiale ; émancipation populaire par le contrôle de l’action éducative ; transmission d’une culture et d’une morale du travail afin d’extirper des consciences enfantines les discours des dominants.
Une série de décisions sont prises en ce sens au mois de mai 1871.

S2E6 - La Laïcité - Joanny Rama
S2E6 - La Laïcité - Joanny Rama
Lorsque la Commune advint le 18 mars 1871 Jean/Joanny Rama était déjà un « vieux » combattant de la laïcité. En 1850, instituteur, il avait vivement protesté contre l’adoption de la loi Falloux, plaçant l’enseignement sous le contrôle de l’Église. La Commune lui permet de renouer avec ses engagements : le 26 mars 1871, il est nommé délégué par la société l’éducation nouvelle et devient membre de la sous-commission dite « d’organisation de l’enseignement », créée par Edouard Vaillant. Le 13 avril, il développe ses principes dans un manifeste publié par le Journal officiel de la République française : éducation gratuite, obligatoire et laïque, fondée sur « la justice, dans l’inviolabilité, le respect de la personne humaine, sans distinction de race, de nationalité, de croyance, de position sociale, de sexe ni d’âge », « distincts de tout culte, de toute religion, de tout système philosophique ».

S2E5 - Les Creches - Maria Verdure
S2E5 - Les Creches - Maria Verdure
La petite enfance ne fut pas oubliée des pédagogues de la Commune de Paris. A la mi mai 1871, deux articles consécutifs parus dans le Journal officiel de la République française énumèrent les raisons et le mode d’emploi de crèches pour les nourrissons et les tout petits enfants. Les raisons : l’hygiène, la nourriture, la mortalité infantile, mais aussi le bien être des enfants, et le soulagement de parents, en particulier les mères et les ouvriers. Un double bénéfice, pour les familles et la société, écrit Maria Verdure, autrice des articles, et fervente protectrice de la famille. Au delà de « l’idéologie » qu’elle développe, elle y propose une approche pédagogique du sujet, à son avis resté en marge des réflexions générales sur l’éducation proposées par la Commune.

S2E4 - La Méthode Encyclopédique - Louise Michel
S2E4 - La Méthode Encyclopédique - Louise Michel
Le 19 septembre 1870, dans Paris assiégée par l’armée prussienne, Louise Michel n'abandonne pas son engagement d'institutrice dans une école de la rue Oudot, aujourd'hui rue Championnet, au pied de la Butte Montmartre - déjà. Elle adhère à la Société de Secours aux victimes de la guerre et se fait entendre dans les clubs de femmes. Outre son implication sur les barricades, elle s'investit dans la réflexion sur l’éducation, en particulier celle des filles.
« La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. »
Elle propose alors une méthode d’enseignement égalitaire, émancipatrice et basée sur l’expérimentation. Elle résume ainsi son approche, lors d’un interrogatoire, le 28 juin 1871 : « réussir le plus possible de choses élémentaires, avec le moins de mots possibles, simples et compréhensibles, chaque phrase ayant un sens moral et quelque chose qui frappe l’imagination ». Elle nomme cette approche "méthode encyclopédique" : "Tant que les études n'auront pas une méthode encyclopédique de manière à élargir l'horizon au lieu de le restreindre, il se joindra à tous les obstacles de la pauvreté qui entravèrent le vieux maître d'école, les obstacles du préjugé qui fait craindre ce qui ne fait pas partie du coin exploré."
Dans ses Mémoires, elle revient sur ce sujet qui lui est essentiel : "Jamais je n'ai compris qu'il y eût un sexe pour lequel on cherchât à atrophier 1l'intelligence comme s'il y en avait trop dans la race. Les filles, élevées dans la niaiserie, sont désarmées tout exprès pour être mieux trompées : c'est cela qu'on veut. C'est absolument comme si on vous jetait à l'eau après vous avoir défendu d'apprendre à nager, ou même lié les membres. Sous prétexte de conserver l'innocence d'une jeune fille, on la laisse rêver, dans une ignorance profonde, à des choses qui ne lui feraient nulle impression si elles lui étaient connues par de simples questions de botanique ou d'histoire naturelle. Mille fois plus innocente elle serait alors, car elle passerait calme à travers mille choses qui la troublent : tout ce qui est une question de science ou de nature ne trouble pas les sens."

S2E3 - L'Ecole Mutuelle
L'Ecole Mutuelle - Jules Andrieu
En 1865, six ans avant la Commune, Jules Andrieu lança une collection, "L’École mutuelle", qui se voulait un cours complet d’éducation populaire, dont il rédigea lui-même plusieurs volumes. Ce qu'il appellera plus tard la "démopédie", "action d'instruire et de former le peuple". Concept qu’il mit en pratique, de 1863 à 1870, dans son propre logis de la rue Oberkampf en dispensant un enseignement destiné aux ouvriers.
Durant le premier siège de Paris, en septembre 1870, il prend la parole dans les clubs contre le Gouvernement de la Défense nationale et déplore le manque d’organisation du "parti révolutionnaire". Avec Varlin et Vaillant il défend le projet d'une Commune élue. Mais lui-même ne fut pas élu le 26 mars, dans le 1er arrondissement ; il lui fallut attendre les élections complémentaires du 16 avril. Nommé Délégué à la commission des Services publics et à la Commission exécutive le 20 avril, Andrieu s'attela à une organisation rationnelle et efficace de la Commune et des municipalités : « Ce qui, jusqu’ici, nous a toujours fait défaut, c’est la question d’organisation. » Début mai, Andrieu vota contre la mise en place d’un Comité de salut public avant de signer deux semaines plus tard, la déclaration dite de la minorité : « La Commune de Paris a abdiqué son pouvoir entre les mains d’une dictature à laquelle elle a donné le nom de Salut public. »

S2E2 - Clubs des femmes et commission de l’enseignement des filles
Clubs des femmes et commission de l’enseignement des filles
Dans le 17ème arrondissement de Paris, très révolutionnaire et internationaliste au printemps 1871, l’église Sainte-Marie des Batignolles abritait le Club de la Révolution Sociale auquel participent
alors de nombreuses femmes...

S2E1 - 2 Avril 1871 - L'Education Nouvelle
2 Avril 1871 - L'Education Nouvelle Journal Officiel
L’éducation, thème choisi par les Ami.e.s de la Commune de Paris 1871 pour cette année 2025 s’installa presqu’immédiatement au coeur de l’expérience démocratique des Communard.es. Fondée en 1848, réactivée dans la foulée de la révolution du 18 mars « La Société pour une éducation nouvelle » était une association populaire, républicaine et paritaire, composée de trois femmes et de trois hommes - Henriette Garoste, Louise Lafitte, Joseph Manier, Joanny Rama, Rheim et Maria VERDURE.
Elle place les enfants en tant que personnes à part entière et la laïcité, en prémices de sa réflexion, dans un appel paru en Une du « Journal Officiel de la République française sous la Commune », le 2 avril 1871.

S1E23 - 27 Mai 1871 - Lettre de Paris - Emile Zola - Le Sémaphore de Marseille
S1E23 - 27 Mai 1871 - Lettre de Paris - Emile Zola - Le Sémaphore de Marseille
A partir du 23 mai 1871, alors que le gouvernement d’Adolphe Thiers poursuit massacres et destructions dans la capitale, les journaux de la Commune cessent de paraître. Pour savoir ce qui est en cours à Paris, il faut alors se reporter sur des quotidiens pro-Versailles, tels le Sémaphore de Marseille auquel l’un des plus célèbres écrivains envoie ses « lettres de Paris ». Émile Zola fut pour le moins ambivalent pendant la révolution du printemps 1871. Partisan d’une sorte de « juste milieu » entre Paris et Versailles, il penche cependant assez rapidement contre la Commune. Cette aversion se lit en particulier dans « Le Sémaphore de Marseille » auquel il envoie ses correspondances, dont le reportage du 26 mai 1871, au coeur du Père Lachaise, symbole du massacre des communards. Au terme de la semaine sanglante, il y relate la désolation, les morts et les ruines.
Le Sémaphore, plus ancien quotidien de la deuxième ville de France rend compte quotidiennement des événements en cours dans la capitale, mais aussi à Marseille où la Commune s’est aussi installée depuis le 23 mars.
Traitant de l’ensemble des actualités nationales, et au-delà, dès sa fondation en 1827 par les imprimeurs Joseph-François Feissat et Pierre Alexandre-Henri Demonchy, son nom complet reste aussi l’un des plus longs de l’histoire de la presse : « Le Sémaphore de Marseille, feuille commerciale, maritime, industrielle, d'annonces judiciaires et avis divers ». Il se spécialisera progressivement, à partir du début du 20è siècle dans l’actualité maritime.
Le quotidien disparaîtra à la Libération pour faits de collaboration.

S1E22 - 23 Mai 1871 - Consommatum est ! - Le Cri du Peuple
S1E22 - 23 Mai 1871 - Consommatum est ! - Le Cri du Peuple
Le journaliste proudhonien, franc-maçon et membre de l'Internationale Pierre Denis lança avec Jules Vallès dès février 1871 Le Cri du Peuple, quotidien emblématique de la Commune de Paris. Il avait alors 31 ans. Ami de Vallès outre le Cri du Peuple, il fut son associé dans la plupart de ses aventures de presse - Le Peuple, Le Réfractaire, La Rue. Vallès disait de lui : « Un sobre, un simple, qui vit de café noir, de caporal et de pain bis. »
Le 6 janvier 1871, Pierre Denis signe l’Affiche rouge, proclamation au peuple de Paris pour dénoncer « la trahison » du gouvernement du 4 septembre et pour mettre en avant trois mots d’ordre : Réquisition générale, rationnement gratuit, attaque en masse. Elle se terminait par ces mots : « Place au peuple ! Place à la Commune ! » Voir Ansel.
Durant la Commune de Paris, Denis fut major à la XIIIe légion et exerça les fonctions de sous-gouverneur du fort de Bicêtre.
Il fut condamné par contumace, le 31 octobre 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée, puis gracié le 27 novembre 1879. Il s’exila en Grande-Bretagne.
Décentralisation et fédéralisme au coeur de la pensée de Pierre Denis se retrouvent dans la « Déclaration au peuple français » de la Commune de Paris, datée 19 avril 1871, rédigée en grande partie par lui et par Delescluze. Dans le Cri du Peuple du 25 mars, il écrivait déjà : « Le programme de la Révolution urbaine, communale, lutécienne, a été produit : Paris, ville libre ; non pas séparée de la France, mais non pas soumise aux hommes d’État qu’il plaît à la province d’acclamer, d’élire ou de subir, Paris se gouvernant librement à l’aide de son Conseil communal et de l’organisation civique et corporative [...] Paris, demeurant la capitale industrielle, commerciale, économique, intellectuelle de la France en cessant d’être sa capitale politique, devenant l’entrepôt du pays [...] jouissant de son entière autonomie, de la liberté la plus complète, dressant sur son Hôtel de Ville son gonfalon parisien à côté du pavillon français. »

S1E21 - 21 Mai 1871 - Au citoyen Delescluze - Le Père Duchêne
S1E21 - 21 Mai 1871 - Au citoyen Delescluze - Le Père Duchêne
Trois plumes étaient aux manettes du Père Duchêne, titre repris d'une publication de la révolution de 1789 : Eugène Vermersch, poète et journaliste, Maxime Vuillaume, ingénieur et journaliste, Alphonse Humbert, journaliste et blanquiste.
Vuillaume racontera la genèse du journal dans "Mes cahiers Rouges au temps de la Commune" : "J’ai rendez-vous, rue du Croissant, avec Alphonse Humbert. Un projet de journal. Non pas un journal, à la vérité. Le cautionnement nous fait défaut. Mais une suite de placards quotidiens, dans le genre des placards de la Révolution. Marat ou Hébert. L’Ami du Peuple ou Le Père Duchêne. Le Père Duchêne surtout. Avec ses grandes colères, grandes joies, et ses lettres bougrement patriotiques".
La filiation avec le Père Duchêne d’Hébert est aussi clairement exprimée par la date affichée à la Une, celle du calendrier révolutionnaire, qui inscrit la Commune dans la lignée des combats menés par les Parisiens depuis 1789.
C'est le 7 mars 1871 (16 ventôse de l’an 79) que paraît « Le Père Duchêne, marchand de fourneaux », huit pages au format 16x25 cm, au prix de 1 sou (5 centimes). Le premier numéro, tiré à 30000 exemplaires, est épuisé en quelques heures, et 25000 sont aussitôt réimprimés.
Le 11 mars 1871, au lendemain du 5ème numéro, le Père Ducchêne est interdit avec cinq autres publications par un décret du général Vinoy, l'une de ces étincelles qui feront exploser l'insurrection du 18 mars. La reprise se fait le 21 mars, premier jour du printemps 1871.
Après 68 numéros, le quotidien sort une dernière fois le 22 mai 1871, avec en Une un vibrant appel à Delescluze, délégué à la guerre, pour sauver la Commune. C'est le début de la semaine sanglante.
Jusqu'au 18 mai, les articles, reconnaissables entre tous, ne sont pas signés. Ensuite, le Comité de Salut Public de la Commune décrète que tous les articles des journaux devront désormais être signés. Les trois derniers numéros porteront donc la signature collective de Vermersch, Humbert et Vuillaume.
Pendant la Commune, le Père Duchêne fait des petits : "Le Fils du père Duchêne illustré", et "La Mère Duchêne".

S1E20 - L'Union - Le Cri du Peuple
S1E20 - L'Union - Le Cri du Peuple
Le 19 mai 1871, pour Jules Vallès, rédacteur en chef du Cri du Peuple, la fin de la belle expérience communaliste est déjà annoncée. Deux jours auparavant, le 17 mai 1871, le Cri du Peuple avait publié « une déclaration que les membres appartenant à la minorité de la Commune avaient résolu de lire, à la séance qui devait avoir lieu régulièrement, le lundi 15 mai. » Mais l'absence de presque tous les membres de la majorité n'avait pas permis l'ouverture de la séance. Les signataires en étaient Arthur Arnould, Osfyn, Ch. Longuet, Arnold, Lefrançais, Serraillier, Jules Vallès, G. Courbet, Victor Clément, Jourde, Varlin, Vermorel, auxquels se rallièrent le délégué au travail Léo Frankel et l’élu Benoît Malon. Ils y dénonçaient « l’abdication du pouvoir de la Commune entre les mains d’une dictature, à laquelle elle a donné le nom de Comité de salut public. »
Dans l’édition du 19 mai, l’écrivain appelle à un sursaut, à « l’Union », mais ses mots donnent à laisser entendre son désespoir. Deux jours plus tard, c’est lé début de la semaine sanglante.

S1E19 - 17 mai 1871 - La Démolition de la colonne - Le Rappel et Le Père Duchesne
S1E19 - 17 mai 1871 - La Démolition de la colonne - Le Rappel et Le Père Duchesne
Construite en 1810 par Napoléon 1er pour commémorer la victoire d’Austerlitz, surmontée en 1863, sous le Second Empire, d’une statue de l’empereur en César, la démolition de la Colonne fut décrétée le 13 avril 1871 sur proposition de Félix Pyat. Avec ses deux Napoléon, le premier ayant ainsi sa statue flirtant avec le ciel grâce au deuxième, la Colonne Vendôme est vite devenue un symbole honni de l’absolutisme.
Après plusieurs essais, fin avril et début mai, elle fut mise à terre au cours d’une grande fête populaire le 16 mai 1871, sous la direction de l’ingénieur Isaac Abadie et avec le concours de l’ingénieur Jules Iribe.
L’événement spectaculaire fit la Une, en mots et en dessins, de tous les journaux à Paris, Versailles, ou encore dans les pays voisins, et fut immortalisé par Bruno Braquehais, l’un des premiers photo-reporters.
Rares sont pourtant les reportages factuels comme dans le Rappel du 17 mai 1871. Ce quotidien à la fondation duquel Victor Hugo pris une grande part en 1869, se déclara du côté de la Commune en mars 1871.

S1 E18 - 13 Mai 1871 - Concert aux tuileries - Journal Officiel
S1 E18 - 13 Mai 1871 - Concert aux tuileries - Journal Officiel
Contrairement à ce que son titre indique, le Journal officiel entre 1869 et 1871 était un organe de presse privé, propriété de l’imprimeur Alfred Wittersheim. Fondé sous l’empire, son numéro 1 est daté du 1er janvier 1869. Il s’est « naturellement » transformé en Journal officiel de la République française, le premier numéro de ce titre paraissant le 5 septembre 1870, avec deux éditions par jour. Les Communards se l’approprient dès le 19 mars 1871, la rédaction originale étant transférée à Versailles. Deux « Journaux officiels » opposés paraissent donc entre mars et mai 1871, avant de ne redevenir qu’un, diffusé jusqu’en 1880. L’édition du soir du JO de la Commune affiche une orientation culturelle affirmée.

S1 E17 - 8 mai 1871 - Le Golos (La Voix) - Elisabeth Dmitrieff
S1 E17 - 8 mai 1871 - Le Golos (La Voix) - Elisabeth Dmitrieff
Le « Golos », la « Voix » fut l’un des plus célèbres quotidiens politiques et littéraires publiés à Saint-Pétersbourg, de 1863 (deux ans après l’abolition du servage en Russie) jusqu’en 1883. Il avait les moyens d’avoir des correspondants à l’étranger dont un à Paris en 1871, durant la Commune.
Par son ampleur et son influence, il a occupé une place exceptionnelle dans l'histoire de la presse russe. Comptant la première année de sa publication environ 4 000 abonnés, le ""Golos"" était diffusé en 1877 à 22 632 exemplaires.
Le « Golos » avait défini ainsi sa ligne éditoriale : « Nous ne voulons pas flatter le gouvernement, mais nous ne voulons pas non plus flatter le peuple. » En 1871, il opta pour une ligne ouvertement libérale, côté économiquement et sociétal. Le journal promut alors les intérêts de l'industrie et du commerce et, en matière d'éducation, s'opposa à l'exclusivité du classicisme.
Il subit souvent les foudres de la censure, à coup d’avertissements, de suspensions de parution, et de vente. Il fut supprimé en 1883, lorsqu'il dut se soumettre à une censure préliminaire sur la base des règles provisoires de 1882.

S1 E16 - 3 Mai 1871 - Aux travailleurs des campagnes - La Commune
S1 E16 - 3 Mai 1871 - Aux travailleurs des campagnes - La Commune
D’abord publié sous forme de tract, signé collectivement de « La Commune », « L’appel au Travailleur des campagnes » avait été écrit pas André Léo (Victoire Léodile Béra). Il fut diffusé à des dizaines de milliers d’exemplaires en province, malgré le siège des Versaillais et la répression exercée contre sa diffusion. Avant d’être repris, sous une forme légèrement modifiée, cette fois signé par André Léo, dans plusieurs quotidiens, dont La Commune et La Sociale du 3 mai 1871.

S1 E15 - 28 avril 1871 - Convulsions - Le Vengeur
S1 E15 - 28 avril 1871 - Convulsions - Le Vengeur
Le 3 février 1871, Le Vengeur, une feuille simple, grand format, 10 centimes pièce, pris la suite de Combat après l’interdiction de ce dernier une semaine plus tôt. Tous deux émanent de Felix Pyat. Il fut à nouveau interdit le 11 mars 1871 (avec d’autres tels Le Cri du peuple), l’une des étincelles qui explosa le 18 mars. Il reparaît le 30 mars 1871 avant de s’arrêter le mercredi 24 mai 1871, en pleine semaine sanglante.
Félix Pyat, né le 4 octobre 1810 à Vierzon et mort le 3 août 1889 à Saint-Gratien, fut journaliste, auteur dramatique, homme politique, élu de la Commune de Paris. L’un de ses drames les plus célèbres aujourd’hui est le ""Médecin de Néron"", écrit en 1848 et publié en 2010.
Après le coup d’État du 2 décembre 1851, Pyat oscilla entre et Londres, où se groupèrent autour de lui les « pyatistes », socialistes militants et blanquistes qui formèrent la Commune révolutionnaire. Il adhère à l'Association internationale des travailleurs en 1864, revient en France en 1869, et
après l’assassinat de Victor Noir le 10 janvier 1870, il lance un appel à l’insurrection : « Les barricades de la pensée ne doivent pas dispenser des autres. Au besoin, la délivrance légale a besoin d’être accomplie par la délivrance matérielle [...] L’homme n’est pas un pur esprit, et il a un bras comme une tête pour servir à la révolution ».
C’est après la proclamation de la République le 4 septembre 1870 que, rentré en France, il fonde Le Combat.
Le 26 mars 1871, très populaire, il est élu membre de la Commune dans le Xe arrondissement, avec 11 813 voix, en deuxième position après Ferdinand Gambon. Le soixantenaire « était encore superbe. La taille élevée, sans la moindre velléité de se courber. La chevelure épaisse, le regard étonnamment vif, lumineux, prenant. La voix était claire, le geste large. Quel geste ! », selon les souvenirs de Maxime Vuillaume, l’un des mémorialistes de la Commune. Elu à la Commission exécutive et à la Commission des finances, il fut envoyé au Comité de Salut public. Présent à l’Hôtel de Ville encore le 22 mai, alors qu’avait commencé la « semaine sanglante », il disparut aussitôt après. On crut le voir un peu partout, mais il demeura introuvable. Un rapport de police assure qu’il arriva à Londres le 3 juin. Par contumace, le 3e conseil de guerre le condamna, le 28 mars 1873, à la peine de mort.

S1 E14 - 29 avril 1871 - Courrier de Paris - Le Monde Illustré
29 avril 1871 - Courrier de Paris - Le Monde Illustré
Charles Monselet était un écrivain, journaliste, romancier, poète et auteur dramatique français, né à Nantes le 30 avril 1825 et mort à Paris le 19 mai 1888. Il fut dès son lancement en 1857 l'un des principaux membres de l'équipe rédactionnelle du Monde Illustré. Durant la Commune, ce journal est surtout lu pour ses images, scènes dessinées de la vie dans la capitale assiégée. Il se démarque par des reportages acides sur l'insurrection mais rend compte factuellement des événements, en mots et en gravures.

S1 E13 - 22 Avril 1871 - C'est Bien ! 24 Avril 1871 - Reponse d'AndreLeo - La Sociale
S1 E13 - 22 Avril 1871 - C'est Bien ! 24 Avril 1871 - Reponse d'AndreLeo - La Sociale
Rédigé par Vermersch, Vuillaume et Humbert, La Sociale est un quotidien politique du soir né avec l’avènement de la Commune de Paris. Paru du 31 mars 1871 au 17 mai 1871, il se montre en faveur de la révolution en cours, publiant rubriques et informations relatant les événements sur un ton engagé.
Il laisse place au débat : s’il s’est prononcé pour l’interdiction de plusieurs journaux, il publie dès le lendemain sa contestation par André Léo.

S1 E12 - 22 Avril 1871 - Le Programme de la Commune de Paris - Jean-Baptiste Millière - Journal du soir
S1 E12 - 22 Avril 1871 - Le Programme de la Commune de Paris - Jean-Baptiste Millière - Journal du soir
Jean-Baptiste Millière, né en Côte d’Or en 1817, fut parfois insaisissable, inclassable, tant sur le plan politique que professionnel. D’abord avocat, il entre en journalisme à 32 ans, d’abord avec « L’Éclaireur » et « Le Prolétaire » dans sa région, puis en prenant la direction de « La Marseillaise » fondée par Rochefort, et en écrivant dans « Le Vengeur ». Dans ses articles et sa pensée, il accorde bien avant l’insurrection de mars 1871 une grande place à l’échelon communal. Elu député de la Seine, il suit de près le développement de la Révolution à laquelle il est favorable mais en fait une analyse critique dans le quotidien La Commune dont il est l’un des rédacteurs. Il y met en garde contre une trop grande autonomie communaliste. Ce qui vaudra au journal d’être interdit à la fin du mois d’avril avec une quinzaine d’autres. .
Le vendredi 26 mai 1871, il est à Paris dans le 5ème arrondissement lorsque les Versaillais reprennent la capitale. Arrêté par un peloton de soldats, il est emmené devant la porte du Luxembourg. Malgré son immunité parlementaire, ordre est donné de faire fusiller Millière « au Panthéon, à genoux, pour demander pardon à la société du mal qu’il lui avait fait… ». Millière refuse de se mettre à genoux et tombe aux cris de « Vive la République ! » et « Vive l'humanité ! »

S1 E11 - 13 Avril 1871 - Toutes avec Tous ! - André Leo - Le rappel
S1 E11 - 13 Avril 1871 - Toutes avec Tous ! - André Leo - Le rappel
Fondé en 1869 par Victor Hugo, Henri Rochefort, Paul Meurice et Auguste Vacquerie, Le Rappel était un quotidien d’obédience radicale-républicaine.
Dès ses débuts, Le Rappel affiche son appartenance à la tendance radicale-républicaine. En 1870, Le Rappel à l’instar des journaux républicains trouve dans l'affaire de Victor Noir, assassiné par le prince Pierre Bonaparte, l’occasion de remettre en question le Second Empire.
Lors de la Commune de Paris, fin mars 1871, le journal se déclare pour Paris. Il continue à paraître jusqu’au mardi de la Semaine sanglante. Plusieurs des personnes qui y travaillent telles que Barbieux, Lemay et Edgar Monteil sont arrêtées au siège du journal pendant cette semaine meurtrière. Le 1er novembre 1871, Le Rappel reparaît mais est très vite suspendu à nouveau par le président de la IIIe République, Adolphe Thiers.
Le 1er mars 1872, Le Rappel reparaît jusqu’en 1933 mais en subissant de multiples nouvelles suspensions.
Source : Retronews, site de la presse de la BNF

S1 E10 - 15 Avril 1871 - Les décrets - Gustave Maroteau - La Montagne
S1 E10 - 15 Avril 1871 - Les décrets - Gustave Maroteau - La Montagne
La Montagne "Journal de la révolution sociale", ainsi que son nom complet l’indiquait est un quotidien de la presse communarde. Deux feuilles grand format, six colonnes à la page, vendu au prix de 5 centimes, avec pour principales rubriques : éditorial, informations, actes officiels, échos, dépêches. Vingt-deux numéros paraîtront du 2 au 25 avril 1871. (Les numéros 1, 11 et 19 ont eu deux éditions, le n°3 en a eu trois). Son rédacteur en chef, et fondateur, est Gustave Maroteau et son gérant Jules Gouffé. Parmi les quelques collaborateurs on retrouve : Francis Enne, Auguste Passedouet, Léon Picard, Georges Sauton, A. Oldrini, Gustave Sauger.
Dans le n° 1, l’article de Maroteau s’intitule ""De l’audace !"", il recommande : ""Soyez énergiques jusqu’à la violence... Il faut tout oser.

S1 E9 - 18 Avril 1871 - Aux rédacteurs du Réveil ! - Charles Delescluze - Le Réveil du Peuple
S1 E9 - 18 Avril 1871 - Aux rédacteurs du Réveil ! - Charles Delescluze - Le Réveil du Peuple
Au printemps 1871, le journal fondé par Charles Delescluze en 1868 s'appele désormais ""Le Réveil du peuple - paraissant tous les jours"".
Trois ans plus tôt, le journaliste alors âgé de 60 ans, avait lancé un hebdomadaire ""Le Réveil : journal de la démocratie des deux mondes"", favorable aux idées de l'internationale socialiste. C'est en 1869 qu'il se transforme en quotidien.
En 1868, le journal lance une souscription pour la famille du député Jean-Baptiste Baudin, mort à la suite du coup d'État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte. Le journal est une première fois attaqué en justice pour outrage à l'empereur.
Le quotidien subit un nouvel assaut des autorités, républicaines cette fois, le 22 janvier 1871, alors qu'un premier soulèvement populaire tentait d'empêcher la capitulation de la France face aux Prussiens. Par décision du gouvernement de la Défense nationale, Le Réveil est alors supprimé : « Le gouvernement de la Défense nationale considérant que les journaux Le Réveil et Le Combat contiennent chaque jour des excitations à la guerre civile ; Que leur publication devient, en présence des crimes qui viennent d'être commis contre la sûreté de l'État, un danger public auquel la cité et la défense ne peuvent plus longtemps être exposées ; Que la situation actuelle de Paris fait au gouvernement un devoir de recourir aux mesures que l'état de siège comporte ; Décrète ; Le journal Le Réveil et le journal Le Combat sont supprimés. »
Retrouvant vigueur et influence pendant la Commune, Le Réveil du peuple cesse de paraître définitivement le 22 mai 1871, au début de la semaine sanglante.

S1 E8 - 4 Avril 1871 - A Versailles ! - Paschal Grousset - L'Affranchi
S1 E8 - 4 Avril 1871 - A Versailles ! - Paschal Grousset - L'Affranchi
« L'Affranchi, Journal des hommes libres » fut l’un de ces quotidiens nés et morts avec la Commune. Feuille grand format, 6 colonnes par page, vendue 10 centimes, le journal prend début avril 1871 la suite de la Nouvelle République dont le rédacteur en chef était déjà Paschal Grousset. Vingt-quatre numéros furent publiés du dimanche 2 avril au mardi 25 avril 1871. Chaque numéro comportait un éditorial (de Paschal Grousset), des actes officiels de la Commune, une revue de la presse versaillaise sous le titre de ""Le Venin réactionnaire"", une ""Tribune des travailleurs"", des correspondances, des nouvelles de France et de l'étranger ainsi que des faits divers. Si des articles traient aussi de sujets de fond tels l'éducation de l'enfance pauvre, l'actualité domine les choix éditoriaux. Les journalistes s'élèvent violemment contre toute conciliation et demandent des otages qui répondront des « scélératesses » versaillaises. Proche des idées blanquistes, la rédaction affirme que « le droit de la collectivité est supérieur à celui de l'individu.

S1 E7 - 30 Mars 1871 - Un acte inique au Figaro
S1 E7 - 30 Mars 1871 - Un acte inique au Figaro
La presse a été au cœur de l’expérience communarde. L’interdiction de 6 journaux d’extrême gauche (le Vengeur, le Cri du peuple, le Mot d'ordre, le Père Duchêne, la Caricature et la Bouche de Fer), le 11 mars 1871, est l’une des raisons qui poussent au soulèvement. Mais la Commune ne fut pas exempte d’atteintes à la liberté de la presse. Dès la fin du mois de mars, elle procéda à son tour à des interdictions parmi lesquelles celle du Figaro. Le 18 avril elle décrète même « que le principe de la liberté de la presse » ne peut aller jusqu’à comporter « l’existence à Paris de journaux qui sont favorables aux intérêts de l’armée ennemie ». La plupart des journaux supprimés le furent par arrêté de la Commune, et à des dates tardives.
Les mesures d’interdiction ne firent pas l’unanimité parmi les communard-e-s. Dès le mois de mars, Jean-Baptiste Millière proteste contre les mesures qui touchent le Figaro. Sur cette interdiction du Figaro, Vallès écrit lui aussi : « Je suis d’avis que, même dans le brouhaha, il faut que la presse soit libre ; il y a plus : il faut que la liberté n’ait point de limite ». du canon et en pleine saison d’émeute, on devrait permettre aux mouches d’imprimerie de courir à leur guise sur le papier, et je voudrais que le Figaro, qui longtemps me laissa libre, le fût aussi ».Auguste Vermorel, qui mourra après être tombé sur les barricades le 26 mai, en fait de même dans l'Ordre. Et le 24 avril, dans la Sociale, la journaliste et romancière André Léo, s’exclame à son tour : « Citoyens, rédacteurs, vous trouvez que c(est bien. Je trouve que c’est mal. (.../…) Je fais allusion à votre article d’hier soir sur la suppression des journaux. Je tiens à dégager sur ce point ma responsabilité par respect piur les principes qui constituent avec force et toute la raison d’être de la démocratie. A mon avis, les abdiquer, c’est abdiquer sa mission. Si nous agissons comme nos adversaires, comment le monde choisira-t-il entre eux et nous ? Dans ce trouble de la conscience, il ne peut y avoir succès pour la cause. Qu’on attaque en justice le mensonge et la calomnie ; mais que la liberté de la penser soir inviolable. »

S1 E6 - 28 Mars 1871 - Quelle Journée ! - Jules Valles - Le Cri du Peuple
S1 E6 - 28 Mars 1871 - Quelle Journée ! - Jules Valles - Le Cri du Peuple
Lorsqu’il revient sur la journée du 26 mars, Jules Vallès est lyrique tant les questions sociales et politiques le passionnent. Dès 1867 « La Rue », son premier hebdomadaire l’avait conduit à la prison parisienne de Sainte-Pélagie où, indomptable il crèe Le journal de Sainte-Pélagie. Avant de lancer Le Peuple, Le Réfractaire, et enfin Le Cri du peuple, dans lequel il lui arrive de basculer dans l’antisémitisme à l’image d’autres anarchistes tels Proudhon ou Rochefort. C’est en exil, qu’il écrit son roman le plus connu, L’Insurgé. A travers Jacques Vingtras le héros de sa trilogie, il revient sur sa participation à la Commune.

S1 E5 - 26 Mars 1871 - Nouvelles de Paris - Le Sémaphore de Marseille
25 Mars 1871 - Nouvelles de Paris - Le Sémaphore de Marseille
Le Sémaphore de Marseille est le plus ancien journal de Marseille. Traitant de l’ensemble des actualités nationales et au-delà à sa fondation en 1827 par les imprimeurs Joseph-François Feissat et Pierre Alexandre-Henri Demonchy, son nom complet était cependant : « Le Sémaphore de Marseille, feuille commerciale, maritime, industrielle, d'annonces judiciaires et avis divers ». Il se spécialisera progressivement, à partir du début du 20è siècle dans l’actualité maritime. Le quotidien disparaît à la Libération pour faits de collaboration. Durant la Commune, il rend compte quotidiennement des événements en cours dans la capitale, mais derrière les faits, on sent poindre le loyalisme au gouvernement de Versailles. L’aversion à la révolution parisienne se manifestera avec les lettres de Paris envoyées par Emile Zola lors de la semaine sanglante.

S1 E4 - 21 Mars 1871 - Au Peuple de Paris - Jules Valles
21 Mars 1871 - Au Peuple de Paris - Jules Valles, dans Le Cri du Peuple
Le Cri du peuple, emblématique quotidien de la Commune de 1871, et créé par Jules Vallès et Pierre Denis, fut lui aussi interdit. Lancé le 22 février 1871, son interdiction fut ordonnée par le Général Vinoy pour sa ligne éditoriale résolument opposée à celle menée par Adolphe Thiers. Il reparaît aussitôt après l'insurrection du 18 mars, et dans le premier numéro du temps de la Commune, le 21 mars, Jules Vallès y publie un vibrant plaidoyer des premières mesures à prendre par la Commune.
Le 23 mai 1871, son dernier numéro annonce les importants mouvements de troupe annonciateurs de la semaine sanglante. Avec son prix de cinq centimes (1 sou) et ses tirages de 50 000 à 100 000 exemplaires, il est le quotidien le plus lu de la capitale insurgée. Sans doute parce que politique et social, il parle du peuple au peuple.
Jules Vallès
D’abord journaliste au Figaro, Jules Vallès se tourne résolument vers les questions sociales et politiques et fonde en 1867 « La Rue », son premier hebdomadaire qui lui vaut, ainsi qu’un article paru dans Le Globe, d’être condamné et enfermé à la prison parisienne de Sainte-Pélagie. Tout en continuant à écrire dans Le Figaro, il affiche ses ambitions politiques et journalistiques en se présentant aux élections et en multipliant les créations de journaux – Le journal de Sainte-Pélagie, Le Peuple, Le Réfractaire, et enfin Le Cri du peuple, dans lequel il lui arrive de basculee dans l’antisémitisme à l’image d’autres anarchistes tels Proudhon ou Rochefort. C’est en exil, qu’il écrit son roman le plus connu, L’Insurgé, dernier opus de la trilogie de son héros Jacques Vingtras revient sur sa participation à la Commune.
Reference : https://www.retronews.fr/journal/le-cri-du-peuple-paris/21-mars-1871/1433/2790847/1

S1 E3 - 20 Mars 1871 - La journee - Le Figaro
20 Mars 1871 - La journee - Le Figaro - Paul Bernier
Fondé en 1826, Le Figaro, devenu quotidien en 1866, est l'un des plus anciens périodiques de la presse française encore publié. Lors de la Commune de Paris, le journal prend position contre celle-ci et sa parution est bloquée. La rédaction se replie à Bruxelles et à Versailles, et le quotidien paraîtépisodiquement, seulement trois numéros entre le 21 mars et le 28 mai 1871. Hippolyte de Villemessant, alors directeur du Figaro écrit : «Le 19 mars dernier, cent cinquante à deux cents bandits, coiffés de képis sans numéro, envahissaient les bureaux du Figaro. Ces gentlemen à moitié ivres — car il n’était encore que midi — remplissaient la cour et la rue. Ils manifestaient le regret que nous ne partagions pas— de ne trouver présent aucun rédacteur.» Le compte-rendu de la journée du 18 mars, publié dans l'édition du 20 mars, est pourtant l'un des plus factuel et précis de la presse de mars 1871.
Référence : https://www.retronews.fr/journal/le-figaro-1854-/20-mars-1871/104/539337/1

S1 E2 - 2 Mars 1871 - Mise en oeuvre de la victoire prussienne à Paris - Journal Officiel
2 Mars 1871 - Mise en oeuvre de la victoire prussienne à Paris Dans le Journal Officiel - Alfred Wittersheim
Contrairement à ce que son titre indique, le Journal officiel entre 1869 et 1871 était un organe de presse privé, propriété de l’imprimeur Alfred Wittersheim. Fondé sous l’empire, son numéro 1 est daté du 1er janvier 1869. Il s’est « naturellement » transformé en Journal officiel de la République française, le premier numéro de ce titre paraissant le 5 septembre 1870. La rédaction et l’imprimerie se trouvent 31 quai Voltaire, dans le 7e arrondissement. Ce quotidien compte deux éditions par jour, celle du soir étant réduite. Les Communards se l’approprient dès le 19 mars 1871, la rédaction originale étant transférée à Versailles. Deux « Journaux officiels » opposés paraissent donc entre mars et mai 1871, avant de ne redevenir qu’un, diffusé jusqu’en 1880.
Référence : https://www.retronews.fr/journal/journal-officiel-de-la-republique-francaise/02-mar-1871/793/2503281/1

S1 E1 - 4 Février 1871 - Non tout n'est pas fini ! - André Léo
4 Février 1871 - Non tout n'est pas fini ! - André Léo dans le Journal La République des travailleurs, organe de l'Association internationale, sections des Batignolles et des Ternes
Créée le 10 janvier 1871, à l'initiative des sections des Batignolles et des Ternes (XVIIeme arrondissement de Paris) de l'Association internationale des Travailleurs, au coeur de la guerre franco-prussienne, "La République des travailleurs" fut une publication à la durée très brève. Ces sections de l'AIT avaient conçu un programme précis, et rédigé un manifeste au peuple allemand, qui sont publiés dès le premier numéro. Un numéro où l'on trouve les signatures de personnalités, telle André Léo, de son compagnon Benoît Malon, d’Elisée Reclus ou encore du futur prix Nobel de la paix et Président de la Ligue des droits de l'Homme Ferdinand Buisson. Il cesse de paraître le 4 février 1871, après six numéros.
Référence : https://www.retronews.fr/journal/la-republique-des-travailleurs/04-feb-1871/2731/4334633/1